Pour comprendre le problème des galgos, il faut savoir qu’en Espagne, la chasse au lièvre avec des lévriers est une tradition ancestrale, et chaque chasseur élève ses lévriers pour les utiliser, au même titre qu’un outil de chasse.
À la fin de chaque saison de chasse, ce sont des milliers de ces doux et magnifiques chiens qui sont, comme chaque année, sacrifiés, abandonnés, tués par pendaison lente, brûlés vifs, mutilés, et pire encore.
Les plus chanceux sont recueillis par les refuges, qui doivent faire face à un afflux massif de chiens, souvent nécessitant des soins, et engendrant par-là même des frais conséquents. Les autres finiront agonisants dans un coin, ou récupérés par la Garde Civile et portés dans les « perreras », fourrières insalubres où ils seront euthanasiés, sans aucune chance d'être proposés à l'adoption.
La maltraitance qui accompagne les abandons est liée à l’orgueil, car un chien qui a mal chassé déshonore son propriétaire, et cet affront doit être lavé par le sang, d’où une mort lente et dans la souffrance
Cette tradition est ancrée dans les mentalités et accompagnée d’une véritable « omerta », loi du silence, car il n’est pas recommandé de dénoncer son voisin, maltraitant sous peine de représailles.
En effet, le galgo est considéré en Espagne comme un animal de travail et non un animal de compagnie, et par le fait, il échappe à toutes les lois européennes de protection animale.
Les chiens sont actuellement élevés de façon anarchique, sans obligation de vacciner, identifier, soigner. Rien de plus facile dans ces conditions que de faire de la reproduction, et se débarrasser des chiens en surnombre ou sans compétences particulières pour la chasse. Difficile également dans ces conditions d’identifier un chien mort par mauvais traitements, et de poursuivre son propriétaire. On trouve d’ailleurs de plus en plus de chiens errants avec des blessures au cou, faites par l’extraction au couteau de la puce électronique : 1 seul chien identifié, et la même puce réimplantée à l’infini.
Le gouvernement espagnol ferme les yeux sur ces pratiques pour ne pas prendre de mesures qui nécessiteraient le déblocage d’un budget afférent aux contrôles par des fonctionnaires, ainsi que des mesures législatives qui seraient mal perçues par toute une partie de la population rurale.
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